Antipresse 60 : Slobodan Despot se promène chez Proust et Baudelaire:un suisse-d’occasion-particulièrement jobard-et varia

Antipresse 60

Slobodan Despot se promène chez Proust et Baudelaire.

Pascal Vandenberghe esquisse la philosophie jouissive du «rien à battre!».

Dissipant les brumes de la désinformation, notre désinvité Alexandre Douguine livre un point de vue authentiquement russe sur le monde actuel.

Agenda

Les 27–28 janvier, Slobodan Despot sera l’invité de la Bibliothèque de Viroflay. Vendredi soir 20h30 : Carte blanche et projection de Underground d’Emir Kusturica. Samedi 15h: Rencontre pour lire autour du Miel.

Les lecteurs d’Antipresse sont conviés samedi 15h à la Bibliothèque de Viroflay, dans la région parisienne. Ce sera l’occasion de parler littérature, mais également d’échanger au sujet de l’Antipresse, des prochaines publications et, tout simplement, de faire connaissance!
NOUVELLEAKS par Slobodan Despot
Catalepsie
«Si les enfants voient que leurs maîtres détestent ce que leurs parents désirent, il y a et il doit y avoir alors un conflit d’autorités. Et il y a, et il doit y avoir, dans l’Etat moderne, une découverte monstrueuse: à savoir, que c’est l’autorité la plus récente et la plus contre nature qui détient le pouvoir.» (G.K. Chesterton, New Witness, 27.12.1918)

«Une éducation de gentleman n’est jamais complète sans un aimable mépris de l’éducation.» (GKC)

Le monde est rempli d’ânes savants et de tartuffes. Les ânes savants ânonnent le trop-plein de leur mémoire morte, les tartuffes s’emploient à démentir dans leur conduite les principes qu’ils professent. Tartuffe, le nom de l’hypocrite bigot de Molière, nous arrive par un chemin tortueux de l’Italie où il désigne la truffe, cette concrétion répugnante à la sublime odeur de pieds qui naît des ténèbres de la terre et qu’on classe à tort parmi les champignons. Ni les ânes ni les tartuffes ne se voient agir. Les uns ont les yeux rivés à leurs sabots, les autres ne prospèrent que dans l’ombre. Les uns comme les autres sont sûrs de leur bon droit par absence de recul sur soi. Ils sont aveugles. Coupés d’eux-mêmes. Divisés intérieurement.

Il arrive aussi, et même souvent, que les ânes soient hypocrites et les tartuffes instruits. Pourquoi pas? Les uns comme les autres ont appris à mobiliser toutes les facultés disponibles (skills and assets) en vue du succès, autrement dit du pouvoir. Pouvoir de la science ou pouvoir de la morale, pouvoir des mots des deux côtés. Le verbe réussir, chez eux, est intransitif. On ne réussit pas quelque chose, on réussit tout court.

Ce n’est pas un fruit du hasard. Il a fallu une longue préparation pour instaurer le règne sans cœur des Tartuffes et des Trissotins. Balzac et Dickens nous dépeignent les états précoces du laboratoire, l’ère de l’improvisation. Mais à l’aube du XXe siècle, le grand Chesterton avait déjà identifié le plan: «Pourquoi nos grandes écoles s’évertuent-elles à produire des générations d’habiles scélérats plutôt que des jeunes gens bons et honnêtes, alors que ce serait tellement plus naturel?» se demandait-il, sauf erreur dans Le monde comme il ne va pas. Il faisait référence, bien entendu, aux célèbres lycées anglais qui formaient la gentry, autant dire les maîtres du monde et ce jusqu’à nos jours.

Prenez par exemple le bien nommé M. Nix, patron de cette grande société de data brokers qui travaille à la commande pour les gouvernements, les partis politiques ou le privé. Un jeune homme alerte, bien sous tous rapports, laissant même échapper parfois un sourire espiègle, presqu’enfantin. En quoi consiste son travail et celui des jeunes loups qui l’assistent? A épier les choix de consommation, d’opinion et de vote de millions de gens à leur insu, puis à vendre le produit de ces observations à des fins de manipulation de masse. D’influence électorale. De trucage et d’illusion. Bref, à considérer des millions de citoyens et d’électeurs comme un bétail à traire, comme une pâte à modeler. Face aux questions trop insistantes sur ses clients politiques, il répond «no comment» avec une candeur désarmante. Ceci se passe en Europe, au XXIe siècle, au cœur même du continent qui a fait du citoyen le souverain suprême pour la première fois de l’histoire. Mais qui a aussi inventé les socialismes meurtriers — bolchevique ou national — qui ont conduit des millions de ces mêmes citoyens à l’abattoir, quand ils ne les ont pas ramenés, mentalement, à l’âge de pierre.

«Voyons! Vous exagérez. On n’en est tout de même pas là!

— Certes non. Mais qu’est-ce qui empêche qu’on y arrive?»

En l’occurrence, personne n’a expliqué à M. Nix que son travail n’était pas substantiellement différent de celui d’Eichmann, à ce détail près que son inquisition statistique ne mène, pour le moment, personne au camp. Mais on sent quand même bien que, le jour où cela serait le cas («supprimez-moi les comptes en banque de tous ceux qui ont «liké» la dernière vanne de Dieudonné!»), M. Nix ferait tout son possible pour l’ignorer. Pour se fermer les yeux, comme les millions de petits rouages de l’industrie concentrationnaire national-socialiste ou bolchevique. Dans le film d’Oliver Stone, Edward Snowden met un magnifique pied dans le plat en rappelant à ses collègues de la NSA qu’à Nuremberg, on n’a pas pendu que des maréchaux, mais aussi des lampistes, des techniciens.
Penser (aussi) avec ses tripes

Techniciens, c’est le mot. Nous sommes tous, dans l’Europe moderne, les produits estropiés d’une éducation essentiellement technique. L’idéal humaniste n’est plus qu’un un argument rhétorique. Dans la réalité, nul n’est invité à comprendre ni à respecter l’humain dans toute sa complexité et son mystère. Au contraire, nous sommes instruits à le catégoriser, l’étiqueter, le réduire sous une lampe de dissection. Comme médecins, mais aussi comme sociologues, psychologues, pédagogues. Et, donc, de manière massive, programmatique et planifiée, à ne pas le comprendre.

Car com-prendre c’est synonyme d’embrasser. Embrasser, c’est étreindre et étreindre, c’est se coller au plus près de l’autre, et de tout son être. Il y a une idée d’égalité dans la compréhension, plutôt que de domination. Cette compréhension-là exclut l’aliénation et la chosification d’autrui. Nous sommes témoins, depuis un siècle au moins, de l’extinction de cette intelligence-là. De notre propre atomisation en îlots étrangers et hostiles les uns aux autres. Dans son ouvrage L’Amérique perdue, notre auteur et ami Paul Craig Roberts décrit quelque chose de plus grave que le hold-up de l’Etat par la clique néconservatrice. Il chronique au jour le jour une profonde aliénation de son propre peuple, l’insensibilisation au mensonge institutionnel, à la torture, aux faux procès, aux lois secrètes, à l’espionnage généralisé. Parlez-leur de menace terroriste et ils laisseront noyer n’importe qui par waterboarding, admettront que les vaches ont des ailes et des ceintures explosives, et qu’elles se préparent à nous fondre dessus.

Le cerveaulavage médiatique joue évidemment un rôle déterminant dans ce conditionnement, et les responsables de l’information dans l’Amérique de Bush à nos jours (ainsi que leurs clo(w)nes européens) mériteraient eux aussi de comparaître pour incitation aux crimes contre l’humanité. Les réflexes moraux hérités du puritanisme ne font qu’aggraver la posture («pas de clémence pour les damnés…»). Mais il est un élément que nul ne semble relever et qui, pour ma part, me hante. C’est cette construction, à tous les échelons, d’une pensée abstraite et tronquée.

Une génération en arrière, encore, l’éducation s’adressait uniquement à la raison et à la morale. Aujourd’hui, elle favorise la sensiblerie et la «socialisation», autrement dit les réflexes de conformisme grégaire. Notre éducation oscille en permanence, comme un balancier fou, entre dévergondage et pudibonderie, entre dressage et laxisme (lui-même encore un dressage). Et les règles de conduite sont à l’avenant. Dans ma jeunesse de non-fumeur, j’étouffais dans la fumée insouciante des autres, aujourd’hui je leur offre refuge chez moi face à l’hystérie anti-tabac.

L’humanité guidée par le cerveau seul ne fait que tituber. Les vérités imposées par la seule voie du raisonnement et de l’instruction verbale n’ont pas de prise profonde sur l’être et sont révocables comme un logiciel installé à distance. S’appuyant sur l’étude de la littérature, la philosophe américaine Martha Nussbaum a développé une réflexion puissante et originale sur la nature de nos certitudes véritables et notre conscience de la vérité. Elle a rendu leur dignité aux émotions en soulignant, tout particulièrement, le rôle de la souffrance (donc de l’implication totale de l’être) dans le processus d’intelligence. Et de citer Proust:

«Mais notre intelligence, si grande soit-elle, ne peut apercevoir les éléments qui la composent et qui restent insoupçonnés tant que, de l’état volatil où ils subsistent la plupart du temps, un phénomène capable de les isoler ne leur a pas fait subir un commencement de solidification. Je m’étais trompé en croyant voir clair dans mon cœur. Mais cette connaissance que ne m’avaient pas donnée les plus fines perceptions de l’esprit venait de m’être apportée, dure, éclatante, étrange, comme un sel cristallisé par la brusque réaction de la douleur.» (Albertine disparue)

Cette approche de la vérité se fonde sur ce que Martha Nussbaum appelle la catalepsie — «un état de certitude et de confiance d’où rien ne peut nous déloger». En grec, le verbe katalambanein signifie «appréhender», «saisir fermement», bref prendre à bras le corps la réalité, avec nos propres émotions comme gage et comme sismographe.
L’œil de Baudelaire

Comme nous en sommes loin, de cette compréhension intégrale. Nous sommes même tout à l’opposé, avec la philosophie de Trissotin: n’est «objective» que la connaissance que nous détenons comme un embryon dans du formol, comme un spécimen sous verre qui ne suscite en nous aucune émotion hors la certitude intellectuelle. La philosophie de Trissotin, des Encyclopédistes, des scientistes et des immortels cuistres de Flaubert — Homais, Bouvard et Pécuchet —, sans même que nous l’ayons remarqué, nous divise et nous brouille avec nous-mêmes en séparant la tête du cœur. Et c’est au XIXe siècle qu’elle a définitivement triomphé.

Je me faisais toutes ces réflexions l’autre jour en visitant l’exposition sur L’œil de Baudelaire au Musée de la vie romantique, l’ancien hôtel Scheffer-Renan, à Paris. Avec intelligence et sobriété, les concepteurs avaient rassemblé certaines des œuvres-clefs que Baudelaire avait commentées en tant que critique d’art, et imprimé en guise de légendes les commentaires que le grand poète leur avait consacrés. Et il émanait de ces critiques une sûreté de jugement et de goût, une vision proprement fulgurante de l’être même de l’art. Devant le Saint Sébastien secouru par les saintes femmes de Delacroix (son peintre préféré), Baudelaire ne se contente pas de noter la perfection formelle, il relève la capacité de l’artiste à exprimer la souffrance morale. Et soudain, au second regard, les visages et les postures du tableau se mettent à raconter la vérité de cette scène: le scandale profond du sacrifice des innocents, l’impuissance devant le mal et la confiance profonde en quelque chose de plus fort que lui. Ce n’est ni de l’ordre de la peinture, ni de la morale pieuse, c’est, tout simplement, une dimension supplémentaire et inaltérable de l’œuvre.

De même ose-t-il louer l’élégance des poses des filles de joie dans une maison close, en brocardant du même coup l’aveuglement pudibond de ses contemporains: «s’ils avaient l’audace de chercher la noblesse partout, même dans la fange». Les historiens d’art auront vu dans son audacieuse amoralité l’ébauche première d’une peinture non figurative, d’une autonomisation des formes. Or ce qu’il dit, tant dans sa prose que dans ses poèmes, est que la beauté se cache dans toute la création, mais que les formes, belles ou repoussantes, expriment toujours une essence de l’objet. Elles ne sont jamais gratuites.

Baudelaire se tient, solitaire, au-dessus et au-delà du «stupide dix-neuvième siècle» qui, justement, nous a imprimé ce mouvement de roulis entre la dépravation (révolution, provocation, avant-gardisme) et la pudibonderie (réaction, académisme). S’il a heurté les mœurs de son temps, si ses poèmes ont été interdits, ce n’était pas par besoin de provoquer, mais par sa conscience que la juste voie, en art comme dans la vie, n’a que faire des règlements. Elle n’est pas non plus une anarchie, un «antisystème», elle est la voie, simplement, et l’ordre humain ne saurait passer avant elle. Baudelaire est tout entier et sans reste dans ses jugements et ses critiques comme dans ses Fleurs du Mal. Durant toute sa vie, au prix d’une existence sordide, il a défendu et illustré ce cheminement sur le fil du rasoir entre l’esthétisme et la théologie. Il aura passionnément voulu comprendre l’humain et sa destinée plutôt que de les maîtriser, voire de les changer.

En cela, il se tient aussi loin au-delà du «dix-neuvième siècle à travers les âges», cette époque désormais installée à demeure où, comme l’a amplement démontré Philippe Muray, le socialisme naissant avait partie liée avec tous les spiritismes, tous les occultismes et toutes les magies dans le but de contrôler l’humain qu’il ne se souciait pas de comprendre, et d’en faire n’importe quoi d’autre que ce qu’il est. Mais un n’importe quoi contrôlable!

Manet, Meryon, Goya, Daumier, Nadar, Delacroix… Ultimes scintillements du génie intégral de la peinture (art et connaissance) avant le grand divorce entre l’académisme et la provocation gratuite, avant la pétrification de l’art pompier et la vacuité de l’impressionnisme. Baudelaire voyait bien cette bifurcation-là, qui ne guettait pas seulement le monde de l’art, mais la société moderne dans son ensemble. Son avant-gardisme était la dernière chance de survie de la tradition. Il a lancé des avertissements désespérés contre la perte de l’être dans l’afféterie, le scientisme et le maniérisme. Mais on n’a voulu enseigner de lui que des poses de «poète maudit» et la consommation de haschisch (combien de «baudelairiens» de ma génération n’étaient que des fumeurs de beu qui se donnaient un genre?). La partie était déjà jouée. Après Baudelaire, l’Europe n’a fait que se scinder et se parodier elle-même, à l’infini, jusqu’à se dissoudre dans son propre jeu de miroirs.

Post Scriptum. — L’exposition «L’œil de Baudelaire» ne dure que jusqu’au 29 janvier. Courez-y!
CANNIBALE LECTEUR de Pascal Vandenberghe
Le «RAB!» bon pour votre bien-être!

CANNIBALE LECTEUR

Double entorse aux règles habituelles (pas d’inquiétude pour ceux qui me connaissent: ce n’est pas en skiant que je risque de me faire des entorses!) puisque nous allons parler d’une nouveauté, qui plus est best-seller dans son pays d’origine, l’Allemagne. Mais en français, même si je le lui souhaite, il a encore du chemin à parcourir et doit d’abord se faire connaître, ce à quoi nous allons nous employer avec enthousiasme pour les lecteurs privilégiés de cette chronique.

Et puis je me suis rendu compte qu’on avait été très (trop?) sérieux ces dernières semaines dans Antipresse (remarque valable également pour Slobodan…) et qu’on pourrait de temps en temps aborder un sujet sérieux, tout en promouvant un livre hilarant. Ce n’est pas incompatible. Loin de là.

Après avoir infecté les entreprises et organisations depuis deux décennies (au bas mot) avec leurs théories toutes plus ou moins fumeuses, les gourous du management peuvent être satisfaits: leurs avatars visant le «grand public» connaissent un succès durable. On appelle cela le «développement personnel». Et tout ce qui va avec: manger sainement, faire du sport, «réussir sa vie», «trouver le bonheur», être «le meilleur», avec des modes d’emploi prêt-à-porter. Bref, de la psychologie à la petite semaine, accompagnée d’une savante et pernicieuse prédominance de la mauvaise conscience si on enfreint les règles édictées «pour notre bien».

Dans ce créneau juteux, nous arrive (enfin!) un nouveau messie salutaire: Sean Brummel, grand gourou californien et sa méthode Rien à battre! (Éditions Favre), dont l’acronyme RAB! deviendra rapidement, à n’en pas douter, un signe de reconnaissance entre adeptes.

Imaginé par l’écrivain et scénariste allemand Tommy Jaud, qui n’en est pas à son coup d’essai, ses précédents livres ayant tous été des succès en Allemagne (et portés à l’écran pour plusieurs d’entre eux), mais dont c’est le premier livre traduit en français, Sean Brummel, l’un des hommes les plus malheureux de Californie (mariage sans joie, job sinistre, hypocondriaque, et j’en passe), qui s’efforce de suivre les règles de vie que lui dicte sa mauvaise conscience, va soudain avoir une révélation dans des circonstances un peu particulières. Imbibé de bière, il s’affale un soir sur le capot d’une voiture de police, avant d’en glisser «comme un steak hors de sa poêle» et de s’étaler sur l’asphalte. Amené au poste, il est enfermé en cellule. Malheureusement pour lui, si la caution fixée pour sa sortie n’est que de 100 modestes dollars, il n’a sur lui que 99 dollars et 60 cents. Et sa femme refuse d’aligner les 40 cents manquants. Morts de rire, les flics lui ont déjà trouvé un surnom: 40 cents! Après une nuit en cellule, il explique au policier qu’il a «un tas de trucs à faire» et qu’on doit le laisser sortir. À quoi le flic répond: «Écoute-moi bien, 40 cents: tes trucs, on n’en a rien à battre!» La vague de bien-être qui s’empare ensuite de Sean Brummel lui fait comprendre qu’effectivement, tous ces «trucs» qu’il a à faire n’ont finalement aucune importance. Et il touche du doigt ce qui fait son malheur: cette soumission permanente aux «obligations». Sorti de prison, c’est décidé, il va changer de vie.

La «méthode» RAB! couvre tout ce qui fait notre quotidien: santé, sport, alimentation, réussite, culte de la performance, loisirs, société, vie de couple, politiquement correct et… sens de la vie. Le véganisme et l’écoresponsabilité, entre autres, en prennent pour leur grade. Tout y passe. Pour chaque domaine, la méthode RAB! explique comment chasser le «Démon du devoir» et vivre enfin une vie heureuse par des recettes simples et concrètes, récapitulées en fin de chaque chapitre et proposant au lecteur de signer en bas de la page son engagement à respecter dorénavant ces «règles de vie» pour son plus grand bonheur. Un exemple? Contre la manie de vouloir organiser des choses le week-end:

Moins on fait de projets, plus le week-end dure longtemps.
Évitez les gens qui ont un TDAH (Trouble du Déficit d’alcool avec Hyperactivité) du week-end!
Ce qu’on n’a pas réussi à faire la semaine n’est sûrement pas important au point de nous pourrir le week-end.
Si vous voulez absolument faire quelque chose, faites au moins quelque chose d’inutile!
Mieux vaut être en forme pendant le week-end que pendant la semaine. Planifiez votre tournée des bistrots le dimanche soir!

Mais ne nous y trompons pas: ce livre (hilarant, je le répète) est à prendre au sérieux: cet antigourou imaginaire dégomme à tout-va ce qu’on peut génériquement qualifier de «bien-pensance» et qui est indéniablement la cause principale de «malvivance» (néologisme de mon cru) dans laquelle baignent nombre de nos contemporains. Son succès en Allemagne (500’000 exemplaires vendus) révèle l’émergence d’une prise de conscience bienvenue face à un embrigadement des esprits et un mode de vie qui nous est imposé comme étant la norme à laquelle nous conformer. C’est donc un hymne à la liberté. Et c’est ce qui explique qu’il a toute sa place dans Antipresse.

Une précaution toutefois: tout comme il serait inconvenant et dénoterait une impardonnable faute de goût de visionner Un singe en hiver sans avoir à portée de la main une bouteille d’alcool fort qui se doit naturellement d’être vide lorsque commence le générique de fin, la lecture de ce livre sera accompagnée de quelques packs de bière (du vin fera aussi l’affaire), sans oublier chips, pizzas et autres produits sains du même acabit.
Le désinvité de la semaine
Alexandre Douguine: nous avons quatre ans pour vaincre le libéralisme global

Antimoderne, traditionaliste, conservateur, eurasiste, antiraciste et défenseur du sacré: le plus influent des penseurs russes nous a accordé un entretien approfondi sur toutes les grandes questions du moment: les malentendus concernant la Russie ainsi que ses propres idées et conditions, ses liens avec Poutine, les rapports entre l’orthodoxie et l’Occident, mais également l’état du monde après l’élection de Donald Trump.

Des prises de position à la fois nettes et subtiles, livrées qui plus est en français!

A écouter sur SoundCloud (34 minutes).

Liste des questions

1) On vous présente dans les médias occidentaux comme un penseur de la droite extrême, raciste ou racialiste, comme un théoricien de la suprématie russe et, pour finir, comme l’«idéologue» du «régime» Poutine. Vous reconnaissez-vous dans ce portrait?
2) Selon vous, d’où proviennent les malentendus constants entre l’Occident et la Russie? Malentendus politiques, mais aussi culturels, moraux, esthétiques?
3) Quel est le lien entre vos études sur l’esprit (le noûs et le logos) des peuples et des civilisations et les grands événements de l’histoire?
4) Où situez-vous le monde orthodoxe dans la civilisation moderne? Est-il plus près de l’Occident jadis chrétien ou de l’Orient asiatique?
5) Le rejet de plus en plus net du globalisme par les populations signifie-t-il automatiquement le retour au nationalisme? Et à quel nationalisme?
6) Les Etats-Unis, qui étaient le «fer de lance» de la globalisation, viennent d’élire à leur tête un homme qui semble vouloir «déglobaliser» son pays. Cela signifie-t-il la fin de la globalisation, ou une dispersion de ses vecteurs? Comment voyez-vous le monde dans 4 ans si Trump accomplit la plupart de ses promesses? Et’il ne les accomplit pas?
7) Que devrait faire l’Europe face à ces développements?

Main courante
VANDALISME | Stonehenge menacé par un tunnel
BIG DATA | Du marketing au contrôle total
FINLANDE | «Allô police? Maman est une extrémiste!»
DOCUMENT | Les cobayes de la CIA
XBOX | Un fan mort par overdose de jeu
USA | La boîte à secrets du président
UK | Barbouzes, influence et «dégommages»

Les nouvelles buissonnières sont sur log.antipresse.net. Les contributions des lecteurs sont bienvenues!
De la solitude moderne

La majorité des jeunes femmes, des jeunes hommes d’aujourd’hui vivra seule. Faut-il les plaindre, s’en inquiéter ou s’en réjouir? Il n’y a pas de quoi, vraiment. Pour le meilleur ou pour le pire, la société moderne fabrique de l’isolement, c’est même le produit social le plus remarquable des trente dernières années, derrière le trompe-l’œil des socialismes et des revendications urbaines. Les sociétés traditionnelles fabriquaient des couples, des familles, des enfants, des liens, aussi bien que des inégalités. Et elles fabriquaient du vivre-ensemble. Le socialisme libéral produit du vivre-côte-à-côte.

— Hervé Juvin, Le gouvernement du désir, Gallimard, 2016.
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Auteur : erlande

68 ans;45 ans d'expérience dans la communication à haut niveau;licencié en lettres classiques;catholique;gaulliste de gauche à la Malraux;libéral-étatiste à la Jacques Rueff;maître:Saint Thomas d'Aquin:pro-vie sans concession.Centres 'intérêt avec connaissances:théologie,metaphysie,philosophies particulières,morale,affectivité,esthétique,politique,économie,démographie,histoire,sciences physique:physique,astrophysique;sciences de la vie:biologie;sciences humaines:psychologie cognitive,sociologie;statistiques;beaux-arts:littérature,poésie,théâtre,essais,pamphlets;musique classique.Expériences proffessionnelles:toujours chef et responsable:chômage,jeunesse,toxicomanies,énergies,enseignant,conseil en communication:para-pubis,industrie,services;livres;expérience parallèle:campagne électorale gaulliste.Documentation:5 000 livres,plusieurs centaines d'articles.Personnalité:indifférent à l'argent et aux biens matériels;généraliste et pas spécialiste:de minimis non curat praetor;pas de loisirs,plus de vacances;mémoire d'éléphant,pessimiste actif,pas homme de ressentiment;peur de rien sauf du jugement de Dieu.Santé physique:aveugle d'un oeil,l'autre très faible;gammapathie monoclonale stable;compressions de divers nerfs mal placés et plus opérable;névralgies violentes insoignables;trous dans les poumons non cancéreux pour le moment,insomniaque.Situation matérielle:fauché comme les blés.Combatif mais sans haine.Ma devise:servir.Bref,un apax qui exaspère tout le monde mais la réciproque est vraie!

2 réflexions sur « Antipresse 60 : Slobodan Despot se promène chez Proust et Baudelaire:un suisse-d’occasion-particulièrement jobard-et varia »

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